Des questions européennes
« La surenchère europhobe »
Selon le quotidien
britannique The Independent, les immigrés provenant d'autres pays
européens rapportent de l'argent à la Grande Bretagne. Ils lui en rapportent
plus qu'ils ne lui en coutent. 20 millions de livres sur la décennie 2000,
environ 16 millions d'Euros. C'est une étude de l’University College London qui
parvient à ces chiffres.
Les hommes et
femmes qui arrivent de ce qu'on appelait l'Europe des 15 (avant l'élargissement
à l'Est) rapportent 64% de plus en taxes diverses que ce qu'ils coutent en
prestations. Et même pour ceux qui viennent de l'Europe de l'Est, la
contribution est positive : + 12%.
Voilà de quoi
peut-être rebattre les cartes du débat sur l'immigration à Londres, sujet
central. Sujet de crispation entre le Premier Ministre David Cameron et
l'Europe. "Union européenne : pour Merkel, Cameron frôle le point de
non-retour" titre Le Figaro. « L'attitude de David Cameron
exaspère Berlin et Bruxelles », ajoute Le Monde. C'est ce que le
quotidien appelle « la surenchère europhobe » de David Cameron. En
cause, sa volonté de restreindre la libre circulation dans l'Union européenne.
Rappel du
contexte en Grande Bretagne : la montée en puissance du parti europhobe UKIP.
Et la promesse faite par David Cameron d'organiser un referendum sur le
maintien ou non de son pays s'il est réélu l'année prochaine. « Tout se
passe, commente Le Monde, comme si M. Cameron s'enferrait dans un
piège qu'il a lui-même conçu. » Il essuie les rebuffades de ses
partenaires européens mais le parti Ukip le trouve toujours trop mou. Ce
mouvement, déjà en partie maitre du jeu politique à Londres, à l'image du Front
national en France.
"Marine
le Pen présidente en 2017, pourquoi le pire est possible".
Mais retour à
l'étude sur les coûts et bénéfices de l'immigration en Grande Bretagne. Un
autre quotidien, The Telegraph met en exergue un autre chiffre. Le
cout de l'immigration extra-européenne : 120 millions de livres entre 1995 et
2011. Et le quotidien met en cause la politique d'ouverture du Labour lorsqu'il
était au pouvoir.
Depuis samedi
dernier, au large des côtes européennes, l'Italie a mis fin à son opération
Mare Nostrum pour venir en aide aux migrants. Ce qui la remplacera c'est
l'opération Triton, organisée par l'agence européenne Frontex. Mais la logique
n'est plus la même. Logique bien plus sécuritaire qu'humanitaire. "Nous
assurons le contrôle des frontières", dit clairement la porte-parole de
l'agence européenne aux Inrockuptibles. Qui ajoute : « quant à
savoir qui répondra désormais à la crise humanitaire, la porte-parole peine à
masquer son embarras. »
Pour le
rapporteur de l'ONU sur le droit des migrants, les Etats ne font aucun effort
pour coopérer sur le long terme. 3.000 morts en méditerranée depuis le début de
l'année.
« Europe
forteresse » dénonce L'Humanité ce matin dans un long reportage
en Grèce. Image de cet homme chargé de la désinfection des bateaux sur l'ile de
Lesbos : « Une fois j'ai trouvé dans la cale d'un bateau un corps dévoré
par les poissons. »
Europe qui se
referme dans un contexte de crise. Accusation à la Une de Libération
: "Comment l'Europe casse la croissance". La commission revoit à la
baisse ses prévisions pour la zone Euro. « Les responsables de l'économie
européenne ont-ils une quelconque compétence économique ? » se
demande Laurent Joffrin dans l'éditorial. « Une fois passé le plus fort de
la crise, il était évident pour toutes les personnes de bon sens que le
maintien d'une double austérité budgétaire et monétaire briderait la reprise de
l'économie. »
Et dans cette
Europe toute molle, la France super molle. Croissance à 0.7% seulement l'année
prochaine selon l'Union européenne, contre 1% prévu par le gouvernement.
« Le scénario rose de Hollande désavoué par Bruxelles » titre Le
Figaro. « La France sous pression », ajoutent Les Echos.
Edito cinglant de l'habituellement placide Jean-Marc Vittori. « La France
est la patrie de tous les déficits. Déficits de croissance, budgétaire,
extérieur, déficit de réforme (…) La vérité c'est que le gouvernement est
incapable de maitriser les finances publiques, incapable de changer en
profondeur un pays gravement malade. »
Les premiers commentaires
de la presse américaine après les élections de mi-mandat
C'est « une
vague républicaine » pour The Washington Post.
« Une débâcle » pour l'autre camp dixit le site Politico. The
New York Times se désole. « Les électeurs ont voulu tout changer.
Le résultat sera pire ». Comprenez : un système politique encore plus
bloqué. Autre constat du New York Times : « le ressort Obama est
cassé ».
Pour avoir une
idée du climat, extrait du discours de Mitch Mc Connel, nouveau leader de la
majorité républicaine au Sénat sur le site de Usa Today :
« Je ne pense pas que le président Obama se réveillera demain avec des
idées différentes de ce matin... il sait que moi non plus... »
Mais il ajoute :
« Nous avons l'obligation de travailler ensemble » C'est l'espoir des
USA Today. En substance, selon l'édito, les Républicains et Démocrates
ont l'obligation de mener des réformes et de trouver des compromis pour ne pas
arriver avec un bilan vierge à l'élection présidentielle de 2016.

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